Ostéopathie : définition, applications, vertus

Si la médecine traditionnelle est en général la plus rependue, elle n’est pour autant pas la seule appréciée. Les médecines douces se concentrent sur l’intégralité de la personne, et non sur le seul élément malade puisque les différentes parties du corps interagissent entre elles. L’ostéopathie est l’une d’entre elles, reconnue par la loi du 4 mars 2002.

L’ostéopathie en règle générale s’inscrit dans le contexte des médecines douces puisqu’elles recherchent la cause, quand les médecines traditionnelles s’attardent sur la conséquence. L’ostéopathie agit sur la mécanique du corps en matière d’accompagnement de la douleur et de prévention (en général de sportif), alors que le médecin répare les blessures et le kinésithérapeute les rééduque. C’est Andrew Taylor Still qui en 1874 veut rompre avec la médecine classique et se lance sous cette impulsion dans l’art de l’ostéopathie. Maintenant il soigne avec les mains. On parle alors de médecine manuelle.

L’ostéopathie s’appuie sur 3 principes fondateurs :

  • La structure gouverne la fonction, le corps fonctionne en symbiose: Tout d’abord chaque organe a un rôle dans le fonctionnement du corps, chaque structure a une fonction et chaque fonction a une structure. Par exemple l’intestin par sa fonction de digestion joue également un rôle dans l’immunité et le système hormonal.  Le squelette est la charpente osseuse soutenue par les muscles alimentés par les réseaux sanguins eux-mêmes dépendant du système de respiration. Bref tout est lié, tout ne fait qu’un et cela rappelle que l’être humain est global. Nous sommes une machine mais une machine vivante et dont les rouages sont étroitement connectés les uns aux autres.
  • Concept d’unité et d’interrelations dans les parties du corps : L’être humain est un être organique (corps), comme sensible (émotions). Cela signifie qu’un mal physique ou psychologique peut avoir une résonnance dans tout le corps, et pas seulement sur la partie endommagée. Le stress, les pensées négatives activent des flux, fragilisent les nerfs et peuvent ainsi affecter le système immunitaire. Mais également un mal de dos peut avoir pour cause une vieille entorse à la cheville. Sur ce constat, l’ostéopathe va agir sur plusieurs zones du corps. Ainsi il est possible d’inciter la réparation de l’anatomie en agissant sur plusieurs niveaux, en stimulant manuellement certaines zones précises. Le système d’auto-guérison va donc s’enclenché puisque l’ostéopathe trouve la cause originel au problème. Un médecin par exemple va masser le diaphragme pour soigner un mal de dos puisque le diaphragme influence le dos.
  • Auto-guérison et rôle de l’artère dans la prévention : La troisième et quatrième principe s’appuient sur l’autorégulation. On évoque le rôle crucial des artères qui irriguent le corps. Il s’agit d’un principe de prévention, faire en sorte que le corps

La mission de l’ostéopathe

Missions de l'ostéopatheL’ostéopathe doit rétablir l’harmonie dans le corps en agissant sur l’extérieur des tissus, en activant les fonctions des organes afin qu’ils agissent sur la structure complète du corps. On parle de mobilité ou motilité, cette dernière étant l’ensemble des mouvements (ou de fréquences) propres à un organe ou à un système. Un corps sain doit avoir une forte motilité interne (articulations) mais également dans tous les tissus du corps (os, muscles, nerfs, ligaments, tendons, fascias, liquides).

Bon à savoir :  Les fascias sont des tissus conjonctifs enveloppant les organes, les muscles, les articulations, les os… ils peuvent générer des tensions pour protéger certaines parties du corps.

L’ostéopathe palpe le corps pour déceler les tensions avec les doigts nécessitant ses 5 sens. Puis il manipule le corps du patient de telle sorte à harmoniser le système musculo squelettique dans chacun des autres systèmes. Pour cela il a une palette de manipulations :

  • Les manipulations fonctionnelles ou tissulaire : mobiliser les tissus ou fascias (muscles, membranes, articulations, liquides) dans le cas d’une lésion pour permettre un état de relâchement.
  • Les manipulations structurelles : libérer une vertèbre qui ne bouge plus, s’opposer à la lésion.
  • Les manipulations viscérales : redonner de la motilité aux viscères (intestin, foie, rate, poumon).
  • Les manipulations crâniennes : Cette pratique est développée par un élève de Still en 1930, il s’agit de William G. Sutherland. Cette manipulation est douce puisque l’ostéopathe pratique de légers mouvements pour rétablir la mobilité des os du crâne, la moelle épinière, le liquide cérébro-spinal, les méninges et l’épine dorsale. Le crâne émet des pulsations, des vibrations, des fréquences que les doigts de l’ostéopathe peuvent sentir et compter (un peu comme une respiration). Ces légers massages crâniens doivent rétablir un rythme de pulsation de 10 à 14 cycles par minutes pour rétablir l’harmonie dans le corps.

    Concrètement comment se déroule une séance chez un ostéopathe

    Un patient se rend chez un ostéopathe lorsqu’il a une douleur. Le médecin cherche les causes de cette souffrance par une série de test pour établir un diagnostic. Il va demander depuis combien de temps le patient souffre, quel est son mode de vie, quels sont ses antécédents médicaux, sa posture, comment fonctionne la personne…

    Ce test va permettre d’établir un premier diagnostic sur le blocage original. Le blocage n’est pas forcément au même endroit que le siège de la douleur. Prenons l’exemple d’un patient qui a mal dans le bas du dos. L’ostéopathe apprend qu’il s’est foulé la cheville il y a quelques années, ce qui va bloquer le genou, puis la hanche et enfin provoquait un blocage dans les vertèbres lombaires. Une contraction musculaire dans le bas du dos va en résulter. Le problème originel est donc au niveau de la cheville. Chaque ostéopathe va alors utiliser une manipulation (tissulaire, structurelle et autre) pour obtenir un déblocage de la cheville. En débloquant la cheville, le corps va s’auto-guérir ou s’autoréguler en débloquant le genou, puis la hanche, puis le bas du dos.

    On peut se rendre chez un ostéopathe lorsqu’on ressent une douleur mais également de manière préventive.

    Le médecin ostéopathe peut faire de la pédiatrie, de l’orthopédie, peut travailler sur la mâchoire, etc.

    L’ostéopathe fait-il craquer les os ?

    Il existe une idée reçue et impeccablement immuable, le craquage des os. Faire craquer les os a nourrit le mythe de l’ostéopathe et de la consultation réussie. Pourtant ce ne sont pas les os qui se dévissent, ce sont les articulations qui rotent. En effet, le « crac » entendu est la libération d’un gaz  dans la cavité articulaire. Chaque articulation est contenue dans une membrane (synovie) qui secrète du liquide constitué de 15% de gaz carbonique et de 80% de dioxyde de carbone. Ce fluide a une importance particulière pour le bon fonctionnement des articulations tel qu’amortir les chocs, fournir des nutriments et de l’oxygène au cartilage, être un lubrifiant entre les surfaces des articulations, et réduire les déchets métaboliques. Le bruit du craquement est appelé la cavitation.

    Cette technique appliquée sur les zones du dos, du cou, et des membres ne fait pas mal, c’est un peu comme craquer les doigts de la main. Cette manipulation réduit les douleurs, les raideurs ou les blocages articulaires. Elle est donc efficace mais n’est pas affectée à tous les maux.

    Pour quels symptômes peut-on faire appel à un ostéopathe ?

    Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle donne une idée du champ d’action de cette discipline.

    • Plaintes dorsaux et cervicaux : douleur, lumbago, hernie, blocages, raideurs musculaires, mobilité réduite, etc.
    • Plaintes articulaires : douleurs, épaule gelée, coude du joueur de tennis, etc.
    • Maux de tête : céphalée de tension, migraine (mal de tête sur un seul côté du crâne), vertige.
    • Blessures sportives : entorses, inflammations à répétition, tendinite, crampes, douleurs, etc.
    • Troubles organiques : remontées acides, aigreurs d’estomac, ballonnements, troubles intestinaux, constipation, troubles digestifs, etc.
    • Troubles hormonaux : fertilité, troubles de l’humeur sexuelle, etc.
    • Plaintes du nourrisson : coliques, rhino, otites, torticolis congénital (tête toujours du même côté), etc.

La Sécurité sociale rembourse-t-elle l’ostéopathie ?

La sécurité sociale ne reconnait que quatre disciplines de médecines douces. Il s’agit de l’acupuncture, de l’homéopathie, de la mésothérapie et de l’ostéopathie. De plus, seules les consultations faites par des médecins conventionnés sont reconnues par le système de santé obligatoire. Le médecin conventionné est diplômé d’un établissement agréé par le ministère de la Santé.

La sécurité sociale ne rembourse pas l’ostéopathie ou très peu (parfois seulement le diagnostic) et pas toutes les techniques. Les médecines douces ne sont pas encore toutes reconnues. Cependant au vu du succès de ces médecines alternatives grâce au bouche à oreille, à l’intérêt d’être traité différemment que dans une structure classique , certaines mutuelles remboursent totalement ou partiellement les dépenses de santé pour les médecines douces. Les mutuelles proposant ce service peuvent proposer soit un forfait à l’année (formule haut de gamme, environ 200€/an) ou une formule avec un nombre de séance plafonnée au tarif par consultation.

Bon à savoir : Le prix d’une séance est entre 50€ et 70€ et dure entre 30 et 45 minutes.

Certaines mutuelles complémentaires ne remboursent que les soins pratiqués par un médecin conventionné ou agréé (par exemple La Mutuelle de France et la Mutuelle du Médecin). C’est-à-dire que ce médecin doit avoir un diplôme (6 ans d’étude) et dans certains cas qu’il doit être enregistré dans le ROF (Registre des Ostéopathes de France). Le ROF est une association nationale à vocation ordinale. Prenez contact avec un courtier d’assurance pour savoir quelle mutuelle propose une garantie « bien-être » ou « médecines douces ».

Quelques chiffres sur l’ostéopathie

Pour mieux visualiser les images, cliquez dessus.

91% des français ont une bonne image de la profession d’ostéopathe en 2016.

réputation positive de l'ostéopathie

63% des français ont déjà consulté un ostéopathe en 2016.

Recommander l'ostéopathie

4 personnes sur 10 ont consulté un ostéopathe sur recommandation d’un proche dans les 63% qui se sont déjà rendues chez un ostéopathe.

93% des personnes ayant consulté un ostéopathe se déclarent prêtes à recommander ces professionnels à un proche, dont 52% le ferait très certainement.

le remboursement de l'ostéopathie par la mutuelle influence l'intention de s'y rendre

Mais sans remboursement des mutuelles, les ambitions s’amincissent : seuls 53% seraient prêts à se rendre chez un ostéopathe en payant de leurs poches.

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